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2020 : Les relations ne furent pas vouées qu’au vide !

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Lorsque j’ai présenté mes vœux en ce début 2021, je n’ai pas pu tomber dans la sinistrose ambiante. En effet, faisant retour sur 2020, je me suis aperçu que l’épreuve collective et même mondiale qui nous a affectés avait été assortie de grandes joies, et même de joies inattendues.

Redécouvrir le banal

D’abord, nous avons pris le temps de regarder le peu qui nous était autorisé dans un périmètre restreint : notre jardin, nos rues, les arbres, nos livres, etc. Et d’écouter aussi. Notamment le silence extraordinaire de la ville, devenu pendant quelque temps aussi pur que celui de la campagne. Plus de norias d’avions descendant et remontant de Paris. Voitures et avions au repos, trains au ralenti. Le sort a obtenu ce que toutes les conventions climatiques avaient été impuissantes à nous extorquer : une diminution de la pollution. Le trafic aérien est, dit-on retombé à son niveau de 1999, se contractant de 67% par rapport à son niveau de 2019. Loin d’être affligeant, ce chiffre ahurissant montre que le Covid a eu le mérite de mettre un gros coup de frein à l’accroissement incontrôlé de notre folie consumériste. Un monde dont l’économie est largement fondée sur le tourisme est un monde inégalitaire et dément, où les riches vont regarder les pauvres survivre avec les sous qu’ils dépensent chez eux, ou vont envahir, dans leurs immeubles flottants, des moins pauvres en saccageant leurs sites et leurs villes comme des nuées de sauterelles. Nos vacances, si nous en eûmes, furent de proximité. Redécouvrir les joies de la tente ou de la caravane a du bon.

Du bel inattendu

Bizarrement, la distance a resserré beaucoup d’amitiés : on s’est aperçu qu’on tenait aux autres (« comment vas-tu ? », « prends soin de toi »). Sur Skype, sur Whatsapp ou autres, on a retrouvé, ou redécouvert, des ami/e/s ancien/ne/s, on a mesuré qu’il y avait des gens à qui on tenait, pour qui on avait quelques craintes, surtout s’ils étaient âgés.

Au niveau familial, là encore il y a eu de bonnes surprises. Je me revois encore avec ma femme et nos deux grands enfants improviser une partie de badminton dans notre terrain : jamais il n’y avait eu une telle spontanéité entre nous. Le premier confinement de deux mois aura été l’occasion de vérifier et même de renforcer l’harmonie qu’il y avait entre nous : ce n’était pas garanti d’avance.

En 2020, mes deux fils ont noué une relation amoureuse sérieuse. Pour le plus âgé, nous attendions ça depuis longtemps ; c’est son inactivité forcée qui a été pour lui l’occasion de prendre le temps de découvrir une très charmante personne avec qui, depuis une demi année, c’est le grand amour. Une de mes amies a trouvé la force de signifier à son mari maltraitant qu’il fallait arrêter le parcours commun ici. Son entourage s’est exclamé : Enfin ! Elle avait craint de briser ses enfants : ils sont soulagés qu’elle ait enfin osé. Plus encore : elle a été courtisée par un homme qui lui a offert tout le respect dont elle avait toujours été privée et, là encore, les enfants se réjouissent sans réticence de voir leur mère amoureuse d’un monsieur aussi affectueux, aussi prévenant et aussi amusant.

L’épreuve de vérité…

Tout n’a pas été rose – ce dernier exemple le montre –, mais le Covid, avec les confinements et les restrictions, a été une épreuve de vérité. La vie, même chrétienne, n’est pas une aimable promenade, et plus que jamais, le balancement scandé par l’Ecclésiaste en son chapitre 3 a montré sa véracité : il y a « un temps pour démolir et un temps pour bâtir », « un temps pour étreindre et un temps pour s’éloigner de l’étreinte ». Cette rupture forcée de nos habitudes a le mérite de mettre de l’imprévu total dans un monde blindé de certitudes et pourri d’orgueil.

Il faudrait même souhaiter qu’on démolisse davantage. Qu’on réprime plus impitoyablement les maris et les parents bourreaux qui se sont déchaînés jusqu’au meurtre dans le secret des appartements. Qu’on sanctionne davantage les patrons voyous prêts à tout pour écraser leurs petits concurrents ou pour virer sous de mauvais prétexte une partie de leur personnel. Qu’on repense tout notre fonctionnement économique et écologique ; nous avons acheté moins : avons-nous vécu plus mal ? Revoir aussi notre démocratie, avec ses lâchetés, ses incompétences, ses mensonges et ses abus répressifs, et cela un peu partout avec des modalités diverses. Toute épreuve est l’occasion de se réexaminer, individuellement et collectivement.

Par ailleurs, on a pu constater que nos sociétés égoïstes avaient leurs héros, avec notamment ces personnels de santé capables de se donner jusqu’à l’épuisement et même, hélas, jusqu’à leur propre mort pour sauver la vie des autres (des autres pas toujours prudents ni civiques ; honte aux rave parties qui sont le cauchemar des soignants !)

On a constaté que, malgré la contraction économique, la capacité à donner a connu de beaux sursauts. Mentionnons une Église qui, par temps de Covid, sans pasteur et avec un temple interdit d’accès, est en passe de réunir assez d’argent pour rénover ce temple alors que tout se liguait pour que ça échoue !

Bien sûr, ce tableau a sa part de subjectivité. Son auteur vit dans une région peu touchée par l’épidémie. Les décès à cause du Covid ont touché quasi exclusivement de très grands vieillards, et il n’y a pas eu de deuils anormaux dans l’entourage. D’autres ne garderont pas de 2020 un souvenir aussi reluisant.

Il s’agissait seulement de dire ici que cette menace, dont nous souhaitons tous la fin, a eu, il faut le dire, sa part de lumière, et même de lumière supplémentaire. 2020 nous a « surpris en bien », comme disent nos amis suisses.

2021 ne sera pas la fin immédiate du Covid, ni même peut-être son éradication totale. Ce qu’il faut espérer, c’est qu’on ne se dépêche pas de recommencer la vie comme avant, comme si de rien n’était. Peu importe que le Covid soit venu de Dieu ou du hasard : ça ne change rien au fait qu’il faut examiner ce qui nous arrive pour réfléchir à notre vie, et même à notre éternité (on fera bien de relire très attentivement Luc 12.6-7 ; 13.4-5).

Si nous le voulons, même une pandémie peut devenir, rétrospectivement, une bonne nouvelle…

Philippe Malidor est l’auteur de :

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